"They say that truth is naked. I cannot admit this for any but abstract truths; in the arts, all truths are produced by methods which show the hand of the artist."
Eugene Delacroix, self-portrait
Eugene Delacroix journal is one of the most important document in art history. It span the period from 1862 to 1863 roughly. Among the pages, you find references to Delacroix friends such as Chopin and George sand and the life in Paris and the French countryside in the mid 1800s. Delacroix vision and thoughts put him at the fore-front of the Romantic movement
Eugene Delacroix Journal
Eugene delacroix in a drawing
Liberty Leading the People, 1830. (free documentary Delacroix: Liberty Leading the People)
Delacroix
is one of the soulf of the Romantic Movement and perhaps the most important one in the figurative arts.
I can't but think of the many young dead which caused these "isms": patriotism, nationalism, romanticisms, typical of this epoch up to the First World War (a massacre, including certainly the American Civil War, a late Napoleonic-style war fought with the first modern weapons; I also include the "romantic" practice of honour duels which roots back in the middle-ages and lasted through the whole 19th century)
"The type of emotion peculiar to painting is, so to speak, tangible; poetry and music cannot give it. You enjoy the actual representation of objects as if you really saw them, and at the same time the meaning which the images have for the mind warms you and transports you. These figures, these objects, which seem the thing itself to a certain part of your intelligent being are like a solid bridge on which imagination supports itself to penetrate to the mysterious and profound sensation for which the forms are, so to speak, the hieroglyph..." (source)
Louroux, mardi septembre 1822 (1)Je mets a exécution le projet formé tant de fois d'écrire un
journal. Ce que je désire le plus vivement, c'est de ne
pas perdre de vue que je l'écris pour moi seul. Je
serai donc vrai, je l'espère; j'en deviendrai meilleur.
Ce papier me reprochera mes variations. Je le commence
dans d'heureuses dispositions.
Je suis chez mon frère; il est neuf heures ou dix
heures du soir qui viennent de sonner à l'horloge du
Louroux. Je me suis assis cinq minutes au clair de
lune, sur le petit banc qui est devant ma porte, pour
tâclier de me recueillir; mais quoique je sois heureux
aujourdhui, je ne retrouve pas les sensations
d'hier soir... C'était pleine lune.
Assis sur le banc quiest contre la maison de mon frère, j'ai goûté des
heures délicieuses. Après avoir été reconduire des
voisins qui avaient dîné et fait le tour de l'étang,
nous rentrâmes. Il lisait les journaux, moi je pris
quelques traits des Michel-Ange que j'ai apportés
avec moi : la vue de ce grand dessin m'a profondément
ému et m'a disposé à de favorables émotions.
La lune, s'étant levée toute grande et rousse dans un
ciel pur, s'éleva peu à peu entre les arbres. Au
milieu de ma rêverie et pendant que mon frère
me parlait d'amour, j'entendis de loin la voix de
Lisette (2). Elle a un son qui fait palpiter mon coeur;
sa voix est plus puissante que tous autres charmes de
sa personne, car elle n'est point véritablement jolie;
mais elle a un grain de ce que Raphaël sentait si
bien ; ses bras purs comme du bronze et d'une forme
en même temps délicate et robuste. Cette figure, qui
n'est véritablement pas jolie, prend pourtant une
finesse, mélange enchanteur de volupté et d'honnêteté...
de fille..., comme il y a deux ou trois jours,quand elle vint,
que nous étions à table au dessert :
c'était dimanche. Quoique je ne l'aime pas dans ses
atours qui la serrent trop, elle me plut vivement ce
jour-là, surtout pour ce sourire divin dont je viens
de parler, à propos de certaines paroles graveleuses
qui la chatouillèrent et firent baisser de côté ses yeux
qui trahissaient de l'émotion; il y en avait certes
dans sa personne et dans sa voix; car, en répondant
des choses indifférentes, elle (sa voix) était un peu
altérée et elle ne me regardait jamais. Sa gorge aussi
se soulevait sous le mouchoir. Je crois que c'est ce
soir-là que je l'ai embrassée dans le couloir noir de
la maison, en rentrant par le bourg dans le jardin;
les autres étaient passés devant, j*étais resté derrière
avec elle. Elle me dit toujours de finir, et cela tout
bas et doucement; mais tout cela est peu de chose.
Qu'importe? Son souvenir, qui ne me poursuivra point
comme une passion, sera une fleur agréable sur ma
route et dans ma mémoire. Elle a un son de voix
qui ressemble à celui d'Elisabeth, dont le souvenir
commence à s'effacer.
— J'ai reçu dimanche une lettre de Félix (3), dans
laquelle il m'annonce que mon tableau a été mis au
Luxembourg (4). Aujourd'hui mardi, j'en suis encore
fort occupé; j'avoue que cela me fait un grand bien
et que cette idée, quand elle me revient, colore bien
agréablement mes journées. C'est l'idée dominante
du moment et qui a activé le désir de retourner à
Paris, où je ne trouverai probablement que de l'envie
déguisée, de la satiété bientôt de ce qui fait mon
triomphe à présent, mais point une Lisette comme
celle d'ici, ni la paix et le clair de lune que j'y respire.
Pour en revenir à mes plaisirs d'hier lundi soir, je
n'ai pu résister à consacrer le souvenir de cette
douce soirée par un dessin, que j'ai fait dans mon
album, de la simple vue que j'avais, du banc où je
me suis si bien trouvé. J'espère remonter le plus que
je pourrai à mes idées et à mes jouissances intérieures...,
mais an nom de Dieu, que je continue!
— Me rappeler les idées que j'ai eues sur ce que je
veux faire à Paris en arrivant pour m'occuper, et sur
les idées qui me sont venues pour des sujets de
tableaux.
— Faire mon Tasse en prison (5) grand comme
nature....

An English Translation of Eugene Delacroix Journal is here.
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